Je devais commencer ce jour-là alors je ne sais pas comment j'ai pu m'arrêter c'était aussi un soir je crois ce soir-là j'ai vu des corps des chevelures des espaces de paroles où il était facilement impossible de s'immiscer des nuits gorgées de rondeurs folles des fentes infinies des tristesses à crever les yeux
j'ai vu la lisse surface de l'humain
celle-là même qui fait glisser tous les mots les désarrois et le langage
oui la chair n'est triste que vivante visible ce soir-là j'ai vu des naissances ivres l'ivresse de la naissance aussi bien alors je demande à l'enveloppe de seulement savoir qu'elle est une enveloppe j'ai vu ce soir-là aussi des chevilles des talons à mourir d'en mordre comme ces griffures infligées au sommeil comme ces dégorgements désespérés
je me vois aimant - l'attraction universelle
si seulement les mots pouvaient suivre la pensée
ce soir j'ai vu des courbures s'arrondir s'arc-bouter comme pour se prémunir contre un regard écrivant contre une parole contagieuse l'assourdissement de la protection oui j'ai vu des creux où se sont posés les lumières fatiguées de la nuit les désirs habillés de mille siècles d'arrogance d'avaries tous les désirs de demeurer un peu dans le trop peu visible amour oui j'ai vu ce soir-là la peur des corps
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Le plus court chemin entre l'humain et l'inhumain est la guerre
ou la connerie
ou la mort
Mais cela reste à prouver.
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Lu dans La Fabrique, de Jean-Claude Emion (éd. Maurice Nadeau).
"Je suis revenu sur les lieux de mon enfance non pour réveiller des souvenirs endormis, mais pour me réconcilier avec l'avenir. Intention insensée! Ma femme attend ce que d'autres appellent un heureux événement, et moi inquiétudes et perturbations. Où vais-je le placer, mon enfant? Dans quel chaos fera-t-il irruption? Alors que moi-même, le père, je n'ai pas encore digéré ma naissance. J'ai retrouvé les lieux de ma jeunesse. Comme ils ont vieilli! L'air est toujours aussi tendre et léger, la courbe des vallons aussi douce et l'horizon reste velouté d'une brume bleuissante, cependant quelque chose s'est étiolé. Le sentiment. Une sensation époumonée, à bout de souffle. Ce que les hommes font de leur vie compose moins l'histoire que la déliquescence de leurs aspirations, que le détournement de leurs talents et de leurs inventions, que les atteintes à leur environnement. Mille petits détails qui ont leur mot à dire et qui, réunis, font entendre une immense plainte. Saisi, dès mon arrivée, comme si j'avais été aussitôt absorbé dans une assourdissante protestation. Pourtant s'il y a une raison d'espérer, je sais que c'est ici que je la trouverai. Fouiller. Fouiller partout pour dénicher l'espoir. Partir du commencement, de cet autrefois qui me pèse comme une promesse non tenue."
Sans avoir fouillé, sans avoir tenu de promesse, khaluan a créé deux espoirs. Ces deux-là l'éclairent, malgré la fumée noire et dense d'un chaos produit en partie par l'esprit du temps, et en partie par l'irresponsabilité des hommes. Cependant, il est vrai que par ce temps de manque, un tel livre apporte la poésie, même si elle est de désespoir. Il mérite que l'on prenne le temps de le lire, lentement, dans la fraîcheur d'une chambre claire.
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Relisant la Justine du Quatuor d'Alexandrie, j'ai noté cette citation que Durell a tirée de l'autre Justine, celle de Sade.
Il y a deux solutions possibles: le crime qui nous rend heureux, ou la corde, qui nous empêche d'être malheureux. Je vous le demande, chère Thérèse, peut-on hésiter un seul instant, et quels arguments votre faible esprit pourrait-il trouver pour combattre celui-ci?
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Je suis venu vous dire que j'en reviens. Depuis la nouvelle Justine, il me semble que la vie est là, qui nous nargue de son plus beau sourire. L'enfant est toujours un bonheur tu.
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